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Emeutes après la mort de Nahel : De la Nupes au RN, quel impact pour les partis politiques ?

La mort du jeune Nahel à Nanterre, la semaine dernière, après un tir policier, a déclenché une vague de violences partout en France et obligé les partis politiques à se positionner.

Réunion de crise à Matignon. Elisabeth Borne recevait ce lundi soir les représentants de l’ensemble des groupes politiques au Parlement. Après six nuits de violences qui ont suivi la mort du jeune Nahel, tué par un tir policier le 27 juin à Nanterre, les responsables de gauche et droite se retrouvent autour de la Première ministre. Une rencontre qui fait suite à de sévères joutes entre les différents camps depuis la semaine dernière. Quel impact ces événements ont-ils sur chacun des partis ?

Emmanuel Macron et la majorité
Dès la diffusion de la vidéo du policier tirant sur Nahel, le gouvernement s’est retrouvé sous le feu des critiques de la gauche, lui demandant une réforme de la police. Et notamment l’abrogation de l’article 435-1 du code de la sécurité intérieure, qui porte sur la légitime défense des policiers. Avec les premières nuits d’émeutes, la droite et le Rassemblement national ont également mis sous pression l’exécutif. Emmanuel Macron et son gouvernement ont alors écarté l’idée de mettre en place l’état d’urgence, réclamée notamment par Les Républicains, préférant accentuer le nombre de policiers et gendarmes dans les villes sous tensions. « L’ordre » est « en train d’être rétabli », a assuré ce lundi le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, après une nuit sans incident majeur.

Jean-Luc Mélenchon et la Nupes
« On ne peut pas donner le sentiment d’encourager et d’accepter les violences ». Les émeutes urbaines ont mis en lumière ces derniers jours les divergences au sein de la Nupes, où le patron du PS, Olivier Faure, a fait savoir, comme Fabien Roussel (PCF), son « profond désaccord » avec Jean-Luc Mélenchon. Depuis le début des violences, les insoumis sont vertement critiqués par la droite, le RN et le gouvernement, pour ne pas avoir voulu condamner les violences, du moins dans un premier temps, se contentant d’appeler « à la justice ».

Mais ces dernières heures, LFI semble avoir fait évoluer son propos. A l’image de Jean-Luc Mélenchon, qui a exprimé dimanche son « désaveu absolu » après l’attaque à la voiture-bélier de la maison du maire de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne).

Eric Ciotti et Les Républicains
La droite s’est montrée très offensive au lendemain des premières émeutes dans les villes de France. « En aucun cas la République ne peut se soumettre. Je demande le déclenchement sans délai de l’état d’urgence partout où des incidents ont éclaté », a réclamé Eric Ciotti jeudi dernier. Mais le patron des Républicains a d’avantage fustigé l’attitude des insoumis plutôt que l’action du gouvernement : Jean-Luc Mélenchon est un « factieux » et « un danger pour la République », qui « n’est plus dans l’arc républicain », a-t-il estimé. La droite a toutefois demandé des réponses judiciaires musclées, comme le patron des députés LR, Olivier Marleix, qui souhaite « la suppression des allocations familiales pour les parents d’enfants délinquants ».

Marine Le Pen et le RN
Une fois encore, Marine Le Pen s’est montrée plutôt discrète face aux événements. Jusqu’à jeudi dernier, le Rassemblement national préférait d’ailleurs botter en touche sur l’état d’urgence, demandé par Eric Zemmour et la droite. Vendredi, après une nouvelle nuit d’émeutes, la présidente du groupe RN a préféré appeler à des « couvre-feux sectoriels » et, en cas d’aggravation de la situation seulement, à « l’état d’urgence ». Elle a aussi appelé Emmanuel Macron à recevoir les partis représentés à l’Assemblée « pour évoquer la situation grave du pays » et les initiatives envisageables. Selon un sondage de l’Ifop pour le Figaro, Marine Le Pen serait la personnalité politique la moins affaiblie par la séquence, avec 39 % des Français se disant satisfaits par son attitude, devant Emmanuel Macron (33 %), loin devant Eric Ciotti (24 %) et Jean-Luc Mélenchon (20 %).