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Marche pour Adama Traoré : la présence d’élus de la Nupes dans le défilé critiquée

« Provocation évidente », « honte à eux », et la désormais très classique « sortie du champ républicain »… La droite et la majorité avaient l’embarras du choix des mots, samedi et dimanche, pour condamner les élus de gauche présents au rassemblement interdit en mémoire d’Adama Traoré. Plusieurs élus, présents à la marche, ont relevé que le fait de « participer à une manifestation interdite n’est pas illégal ». « La provocation est évidente (…), elle est double quand vous êtes un élu de la République », a critiqué Aurore Bergé, la présidente du groupe Renaissance au Palais-Bourbon.

« Je suis atterrée de voir des élus de la Nation, arborant l’écharpe tricolore, mutiques et souriants en entendant des manifestants scander “tout le monde déteste la police” », a tweeté dimanche la présidente Renaissance de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Une dizaine d’élus LFI et EELV étaient présents et ont dénoncé le comportement de certains membres des forces de l’ordre, notamment lors de l’interpellation musclée d’un des frères d’Adama, Youssouf.

Eric Ciotti vise « les factieux et dangereux députés de la Nupes »
Dans le contexte des émeutes qui ont suivi le décès de Nahel, 17 ans, lors d’un contrôle policier, « l’interdiction de la marche Adama était une provocation », a estimé dimanche la cheffe de file des députés insoumis, Mathilde Panot, présente au rassemblement. L’élue du Val-de-Marne a estimé que sa place était « aux côtés de la famille » Traoré, exhortant à « une refonte de la police de la cave au grenier ». « Il était très important que cette marche pacifiste ait lieu, j’y suis allée pour protéger les personnes » d’éventuelles violences policières, a commenté la députée écologiste Sandrine Rousseau.

Les patrons de la droite, qui depuis les émeutes surenchérissent de propositions sécuritaires parfois en phase avec l’extrême droite, sont eux aussi vent debout. « Les factieux et dangereux députés de la Nupes (…) ont une fois de plus piétiné nos lois et l’autorité de l’Etat. Insupportable », a tweeté le patron des Républicains, Eric Ciotti. « Honte à eux », a lancé le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau.

La gauche anti-Mélenchon a aussi réagi. « Si la gauche veut être audible pour dénoncer les dérives d’une partie de la police et le rôle du RN (…) elle doit éviter la caricature, l’outrance. La gauche doit être républicaine, pas populiste », a commenté le numéro 2 du PS Nicolas Mayer-Rossignol. « Quand La France insoumise ne condamne pas les violences, elle les justifie. Quand ils disent qu’il ne faut pas incendier certains bâtiments, en creux, ils expliquent que pour d’autres ce n’est pas grave. Ils sont sortis du champ républicain », a martelé samedi dans Le Parisien la Première ministre Elisabeth Borne.