La secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, déplore l’éviction progressive des questions environnementales du débat politique, invoquant un “syndrome de l’autruche”.
L’essentiel
Marine Tondelier dénonce le recul de l’écologie dans les discussions publiques, une situation qu’elle attribue à une forme de déni collectif face aux enjeux climatiques. Elle accuse l’extrême droite de stigmatiser les militants écologistes, les transformant en boucs émissaires politiques : “Si Trump a désigné l’écologie comme adversaire numéro un, c’est parce que son courant politique perçoit en elle un contre-projet diamétralement opposé.” Elle appelle à ne pas céder au fatalisme, rappelant que la pollution est responsable de 9 millions de décès annuels, que la moitié des Français consomment une eau contaminée, et que des microplastiques s’infiltrent jusque dans le cerveau humain.
Invitée ce lundi sur France Inter, Marine Tondelier a mis en lumière les difficultés rencontrées par l’écologie pour exister dans le débat politique. Elle explique ce phénomène par ce qu’elle nomme “le syndrome de l’autruche” : l’incapacité du cerveau humain à appréhender l’ampleur du changement climatique.
“Les scientifiques expliquent que notre cerveau peine à concevoir une menace aussi vaste et immédiate, nous donnant un sentiment d’impuissance. Que nous cessions de conduire, de consommer ou même de respirer, la planète resterait en péril. Cela génère de l’éco-anxiété, du déni ou encore de la culpabilité, mais l’inaction n’est pas une option”, prévient-elle.
Un climat hostile aux écologistes
Selon Marine Tondelier, la marginalisation de l’écologie dans le débat public tient aussi à une offensive politique menée par l’extrême droite, qui cherche à la discréditer.
“Si Trump et d’autres figures populistes en Europe s’acharnent contre l’écologie, c’est parce qu’ils perçoivent en elle un modèle diamétralement opposé au leur. L’écologie dérange car elle promeut un projet de société qui remet en cause leurs dogmes”, affirme-t-elle.