Affaire Bayou : un non-lieu qui ne fait pas taire les débats
Après deux ans d’investigations, l’enquête judiciaire visant Julien Bayou s’est conclue par un classement sans suite, faute d’éléments incriminants. L’ancien dirigeant d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), accusé par son ex-compagne Anaïs Leleux de harcèlement moral et d’abus de faiblesse, voit ainsi la procédure judiciaire prendre fin, une décision qui ne manque pas de susciter des réactions contrastées.
Une enquête sans issue judiciaire
C’est le 30 janvier que le parquet de Paris a officialisé la clôture de cette enquête, invoquant une « absence d’infraction ». Cette issue marque une étape décisive pour Julien Bayou, qui s’était retrouvé au cœur d’une controverse médiatique et politique d’ampleur. « C’est la fin d’une épreuve injuste », a-t-il réagi, dénonçant un processus qu’il juge avoir été à charge dès son origine. Son avocate, Me Marie Dosé, fustige quant à elle un traitement partial de l’affaire, estimant que son client a été présenté d’emblée comme coupable.
Des divisions au sein d’EELV
Les accusations portées par Anaïs Leleux, militante écologiste, avaient entraîné une onde de choc au sein d’EELV, où une enquête interne avait été diligentée. Cette initiative, menée par un cabinet indépendant, n’avait pas permis d’établir de faits incriminants à l’encontre de Julien Bayou. Malgré cela, la pression interne et médiatique avait conduit ce dernier à quitter son poste au sein du parti, illustrant les tensions autour des questions de violences sexistes et de leur prise en charge politique.
Une affaire relancée ?
Anaïs Leleux, de son côté, exprime son désaccord face à la conclusion de l’enquête. Elle déplore notamment que plusieurs témoignages n’aient pas été pris en compte par la justice. « Cette procédure s’achève, mais la vérité n’a pas été entièrement entendue », affirme-t-elle, évoquant un sentiment d’injustice. Elle envisage désormais de déposer une nouvelle plainte avec constitution de partie civile, une démarche qui pourrait relancer l’affaire sous un nouvel angle.
Au-delà du cas personnel de Julien Bayou, cette affaire met en lumière les défis posés par le traitement des accusations de violences psychologiques dans les sphères politiques. Elle interroge sur l’équilibre entre la présomption d’innocence et la nécessité de garantir un espace d’écoute aux victimes présumées. Un débat qui, manifestement, est loin d’être clos.