Le Rassemblement National agite la menace d’une censure contre le gouvernement Bayrou
La tension monte à l’Assemblée nationale alors que le Rassemblement National (RN) multiplie les avertissements à l’encontre du Premier ministre. Jean-Philippe Tanguy, figure influente du groupe dirigé par Marine Le Pen, a rappelé dimanche que plusieurs motifs justifieraient une motion de censure à l’encontre du gouvernement.
Parmi les griefs avancés figurent la gestion de la politique énergétique et la question de l’immigration, deux thèmes que le RN entend placer au cœur du débat parlementaire. En revanche, la réforme des retraites ne semble pas constituer un motif de censure immédiat, le parti préférant en faire un enjeu électoral à plus long terme.
François Bayrou pointé du doigt
Jean-Philippe Tanguy a accusé le chef du gouvernement d’avoir commis une “faute” en menant des discussions avec les partenaires sociaux sur les retraites tout en excluant tout retour à l’âge de départ à 62 ans. Selon lui, si certaines avancées peuvent être obtenues sur la prise en compte de la pénibilité ou des carrières hachées, il serait illusoire de croire à une réforme d’envergure avant une éventuelle alternance politique. “La retraite à 62 ans redeviendra une réalité avec Marine Le Pen à l’Elysée et Jordan Bardella à Matignon”, a-t-il affirmé.
Un bras de fer sur l’énergie
Outre l’immigration, le RN met en avant la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) pour justifier une possible motion de censure. Ce texte, qui fixe les orientations en matière de production et de consommation d’énergie sur la période 2025-2035, prévoit une réduction significative de la part des énergies fossiles et une augmentation progressive de l’électricité dans le mix énergétique. Le RN dénonce un manque de prise en compte du nucléaire et un coût jugé excessif des énergies renouvelables, notamment l’éolien.
Marine Le Pen a appelé le Premier ministre à soumettre cette programmation à un vote parlementaire afin de permettre une discussion et une remise en question éventuelle des objectifs fixés. “Le gouvernement doit assumer ses choix devant les députés”, a-t-elle déclaré lors d’une visite à l’EPR de Flamanville.
Si la motion de censure n’est pas encore actée, Jean-Philippe Tanguy a laissé entendre que cette option reste sur la table. Le RN continue par ailleurs de plaider pour une dissolution de l’Assemblée nationale afin de provoquer de nouvelles élections. Le climat politique s’annonce donc encore mouvementé dans les semaines à venir.