Un bilan contrasté avant l’échéance électorale
Élus en 2020 à la surprise générale, les maires écologistes de Lyon, Bordeaux et Strasbourg s’apprêtent à défendre leur bilan en vue des municipales de 2026. Après cinq années de mandats marquées par des réformes ambitieuses en matière d’environnement et de mobilités douces, mais aussi par des controverses, pourront-ils ancrer durablement leur parti dans le paysage politique local ?
Un cap écologique assumé
Dès leur arrivée aux commandes, Grégory Doucet (Lyon), Pierre Hurmic (Bordeaux) et Jeanne Barseghian (Strasbourg) ont mis en œuvre des politiques visant à améliorer la qualité de l’air et à renforcer la place du végétal en ville. À Lyon, la mairie met en avant une baisse notable des émissions de polluants atmosphériques, attribuée à une piétonnisation accrue et à une diminution de l’usage de la voiture. Bordeaux a poursuivi cette dynamique en multipliant les rues réservées aux piétons et en plantant des dizaines de milliers d’arbres, tandis que Strasbourg a misé sur l’extension de son réseau cyclable et la désimperméabilisation de vastes espaces urbains.
Sécurité et circulation : des dossiers sensibles
Ces réformes n’ont pas fait l’unanimité. Le volet sécuritaire est un point d’achoppement majeur. Initialement opposé à l’armement de la police municipale, Pierre Hurmic a finalement infléchi sa position, un choix perçu par certains comme un renoncement. À Lyon, malgré l’installation de nouvelles caméras de surveillance et le renforcement des effectifs policiers, le sentiment d’insécurité persiste chez une partie de la population. Strasbourg, de son côté, a dû revoir certaines mesures comme la réduction de l’éclairage public, critiquée par des associations féministes.
Les décisions concernant la circulation ont aussi suscité des débats. Si les zones piétonnes et les pistes cyclables se sont multipliées, leur impact sur la congestion automobile a été pointé du doigt. À Lyon notamment, les embouteillages liés aux travaux d’aménagement ont nourri le mécontentement de nombreux habitants.
Polémiques et ajustements
Les premières années de mandat ont été émaillées de controverses. À Strasbourg, une subvention accordée à une mosquée en 2021 a déclenché une vive polémique nationale. Grégory Doucet, à Lyon, a suscité l’indignation en critiquant le Tour de France, tandis que Pierre Hurmic s’est attiré les foudres des Bordelais avec sa décision de remplacer le traditionnel sapin de Noël par une œuvre d’art en verre. Toutefois, ces élus semblent avoir adopté une approche plus pragmatique ces derniers mois, évitant les polémiques inutiles et consolidant leur gouvernance.
Verdict en 2026
À un an du scrutin, ces maires écologistes abordent la campagne avec un mélange d’assurance et d’incertitude. S’ils ont su imposer leur vision et apporter des changements visibles, leur capacité à convaincre un électorat plus large reste une question en suspens. Les électeurs trancheront en mars 2026.