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Municipales 2026 : « Une rivalité qui prend trop de place »… À Nice, le « duel fratricide » entre Ciotti et Estrosi

À Nice, la campagne municipale a des allures de règlement de comptes. À un an du scrutin de 2026, la bataille pour l’hôtel de ville oppose deux figures historiques de la droite azuréenne, jadis alliées, désormais irréconciliables : Christian Estrosi et Éric Ciotti.

Le premier, maire sortant et membre d’Horizons, brigue un nouveau mandat. Le second, député et chef de file de l’Union des droites pour la République (UDR), entend ravir la mairie à celui dont il fut longtemps le proche collaborateur. Car l’histoire des deux hommes s’entremêle depuis la fin des années 1980 : en 1988, Éric Ciotti entrait au service de Christian Estrosi. Pendant des années, leurs trajectoires politiques ont avancé de concert, l’un à la tête de la ville, l’autre solidement implanté au département. Puis la fracture est apparue.

Le virage d’Estrosi vers la majorité présidentielle et son ralliement au parti fondé par Édouard Philippe ont acté la rupture. De son côté, Éric Ciotti a pris la tête des Républicains avant de lancer sa propre formation, aujourd’hui alliée au Rassemblement national. « Deux hommes issus du même moule, mais qui ont bifurqué », résume une observatrice locale. À Nice, cette séparation s’est muée en affrontement permanent.

Sur le terrain, la tension est palpable. Échanges acrimonieux sur les réseaux sociaux, accusations croisées d’irrégularités, incidents en marge d’événements publics : la campagne a déjà connu plusieurs épisodes houleux. Fin janvier, une altercation lors d’un rassemblement de policiers a même conduit un collaborateur proche d’un élu ciottiste à déposer plainte contre un adjoint au maire. Quelques semaines plus tôt, le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, avait appelé à l’apaisement. Sans effet notable.

Dans les rues ensoleillées de la Promenade des Anglais, beaucoup d’habitants affichent leur lassitude. Certains saluent le bilan municipal, d’autres aspirent à un renouvellement, mais tous déplorent que la rivalité personnelle occulte les débats de fond. « On parle davantage de leur conflit que des projets pour la ville », soupire un jeune Niçois attablé en terrasse. « C’est toujours les mêmes visages, et on a l’impression que ça tourne à l’obsession », renchérit son ami.

Dans l’entourage d’Éric Ciotti, on affirme vouloir élever le débat, tout en dénonçant des méthodes jugées agressives. Du côté du maire sortant, on revendique l’expérience et la stabilité, en accusant le camp adverse d’entretenir un climat délétère.

À mesure que le scrutin approche, le duel semble s’intensifier. Mais à Nice, nombreux sont ceux qui espèrent que la campagne finira par parler davantage d’urbanisme, de sécurité ou de cadre de vie que d’une amitié brisée devenue querelle publique.