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Pour le RN, Retailleau n’apporte rien de plus que Marine Le Pen

À peine sa candidature officialisée pour l’élection présidentielle de 2027, Bruno Retailleau essuie déjà les tirs du Rassemblement national. Le parti à la flamme estime que l’ancien ministre de l’Intérieur ne se distingue en rien de sa propre ligne politique, notamment sur la question migratoire.

Invité des matinales audiovisuelles, le député RN Jean-Philippe Tanguy a accusé le nouveau prétendant à l’Élysée de reprendre « mot pour mot » les orientations défendues par Marine Le Pen. Selon lui, le positionnement de Bruno Retailleau sur l’immigration ne constitue pas une alternative crédible mais une forme de duplication tardive. Il s’est interrogé sur la cohérence du parcours politique de l’ancien ministre, rappelant qu’il n’avait pas soutenu la candidate du RN lors des seconds tours de 2017 et 2022.

Même tonalité chez Sébastien Chenu, vice-président du groupe RN à l’Assemblée nationale, qui a dénoncé un décalage entre les discours et l’action. Pour lui, l’expérience gouvernementale revendiquée par Bruno Retailleau ne saurait masquer un bilan qu’il juge insuffisant.

Au cœur des critiques : la ligne dure affichée sur l’immigration. Pendant son passage place Beauvau, Bruno Retailleau avait affirmé que l’immigration ne constituait pas « une chance » pour le pays, une formule qui a marqué les esprits et qui, aux yeux du RN, valide la proximité idéologique entre les deux camps. Le candidat a récemment réaffirmé vouloir défendre les « coutumes » et la « civilisation » françaises, promettant également de consulter les Français par référendum sur les politiques migratoires et pénales — au prix, toutefois, d’une révision constitutionnelle préalable.

Face à lui, le RN entend capitaliser sur l’antériorité de ses propositions. Pour ses responsables, l’argument d’expérience avancé par Bruno Retailleau — visant implicitement Jordan Bardella et Marine Le Pen — ne suffit pas à établir une différence politique tangible.

Dans un paysage déjà fragmenté à droite, cette rivalité pourrait rebattre les cartes en vue de 2027. Reste à savoir si les électeurs sensibles à ces thématiques privilégieront l’original ou la déclinaison.