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« Je vais te faire disparaître » : Eric Ciotti dénonce des menaces de la part du ministre des Transports

Un nouvel épisode de la rivalité qui fracture la droite azuréenne vient d’éclater au grand jour. Éric Ciotti affirme avoir saisi la justice après des propos qu’il attribue au ministre des Transports, Philippe Tabarot, lors d’un événement officiel à Nice. L’affaire, désormais portée sur le terrain judiciaire et politique, intervient dans un contexte de fortes tensions entre les deux responsables.

Selon le député-maire de Nice, l’incident se serait produit dimanche à l’occasion d’une visite présidentielle organisée en marge d’un salon consacré à l’innovation, en présence du président de la République et du Premier ministre indien. Éric Ciotti assure avoir été publiquement pris à partie par le ministre, qui l’aurait menacé de le « faire disparaître » avant d’évoquer l’envoi de « Géorgiens ». L’élu affirme également avoir été insulté au cours de cet échange.

Considérant ces déclarations comme suffisamment graves pour relever du droit pénal, Éric Ciotti indique avoir transmis un signalement au procureur de la République. Le parquet de Nice confirme avoir reçu le document et précise qu’il examinera les suites éventuelles en fonction des éléments qui pourraient lui être communiqués.

Mais la version des faits avancée par l’ancien président des Républicains est fermement contestée par l’entourage de Philippe Tabarot. Selon le cabinet du ministre, la scène s’inscrit dans un climat de provocations réciproques entre deux hommes qui se connaissent depuis plusieurs décennies. Les proches du ministre affirment qu’Éric Ciotti aurait lui-même tenu des propos agressifs à son encontre, évoquant notamment sa volonté de l’écarter de ses fonctions politiques.

Cette passe d’armes n’est pas isolée. Depuis la rupture entre Éric Ciotti et son ancien parti, consécutive à son rapprochement avec le Rassemblement national, les relations avec plusieurs figures historiques de la droite maralpine se sont fortement dégradées. Philippe Tabarot figure parmi les responsables locaux les plus critiques à l’égard de cette stratégie.

Les désaccords récents autour du transport des supporters de l’OGC Nice ou encore de l’attribution des Jeux olympiques d’hiver ont contribué à alimenter les tensions entre les deux camps. Dans l’entourage du ministre, certains dénoncent une volonté délibérée de créer des polémiques à l’approche d’échéances électorales importantes dans le département.

L’affaire a désormais pris une dimension nationale. Dans un courrier adressé au Premier ministre, Éric Ciotti réclame le départ de Philippe Tabarot du gouvernement, estimant que les propos qu’il lui prête sont incompatibles avec l’exercice de responsabilités ministérielles. Une demande dont l’exécutif n’a, à ce stade, pas indiqué s’il entendait lui donner une suite.

Au-delà de l’incident lui-même, cette confrontation illustre l’intensité de la bataille politique qui se joue actuellement dans les Alpes-Maritimes, territoire où les rivalités personnelles se superposent désormais aux fractures idéologiques au sein de la droite française.