À près d’un an de l’ouverture de la campagne présidentielle, les premières projections électorales dessinent un scénario préoccupant pour les héritiers du macronisme. Selon une enquête d’opinion publiée ce lundi, la coexistence de plusieurs candidatures issues du bloc central pourrait compromettre les chances de qualification de ce camp pour le second tour.
Dans les simulations où Édouard Philippe et Gabriel Attal se présentent simultanément, l’ancien Premier ministre et actuel président du mouvement Horizons apparaît en meilleure position que son rival. Toutefois, cette avance ne suffit pas à garantir une place au second tour. Dans certains cas de figure, il se retrouve même au coude-à-coude avec Jean-Luc Mélenchon, tandis que la dispersion des voix au centre ouvre la voie à une élimination dès le premier tour.
Les résultats montrent notamment qu’en présence d’une candidature de Raphaël Glucksmann pour la gauche modérée, Édouard Philippe recueillerait environ 13 % des intentions de vote, soit un niveau équivalent à celui du leader de La France insoumise. Gabriel Attal, de son côté, resterait nettement derrière. Une configuration similaire apparaît si François Hollande représentait la gauche réformiste.
Pendant ce temps, Jordan Bardella dominerait largement la compétition. Le président du Rassemblement national atteindrait plus de 33 % des suffrages dans ces hypothèses, confirmant la dynamique favorable dont bénéficie actuellement son parti.
La situation évolue sensiblement lorsque le camp présidentiel se rassemble derrière un seul candidat. Dans ce scénario, Édouard Philippe renforcerait nettement sa position et prendrait plusieurs points d’avance sur Jean-Luc Mélenchon. Gabriel Attal progresserait également lorsqu’il devient l’unique représentant du centre, même si ses performances apparaissent généralement plus modestes que celles du maire du Havre.
À droite, les perspectives restent limitées pour Bruno Retailleau. Le président des Républicains peine à dépasser la barre des 10 % dans les différentes simulations testées, confirmant les difficultés persistantes de son parti à retrouver une dynamique nationale.
Sur le reste de l’échiquier politique, les rapports de force semblent relativement stabilisés. Jean-Luc Mélenchon se maintient autour de 13 % des intentions de vote, tandis que les candidatures de Fabien Roussel et de Marine Tondelier demeurent à des niveaux plus modestes. Éric Zemmour reste cantonné à une fourchette comprise entre 4 et 5 %, alors que Nicolas Dupont-Aignan et Nathalie Arthaud enregistrent des scores marginaux.
Cette photographie de l’opinion, encore très éloignée du scrutin de 2027, met néanmoins en lumière un enjeu stratégique majeur pour le camp présidentiel : l’unité. À ce stade, la multiplication des candidatures au centre apparaît comme l’un des principaux facteurs de risque face à un Rassemblement national solidement installé en tête des intentions de vote.