Éric Ciotti assume un désaccord avec le Rassemblement national sur l’avenir du système de retraites, sans pour autant remettre en cause son alliance avec le parti. Le président de l’Union des droites pour la République affirme vouloir convaincre ses partenaires de faire évoluer leur doctrine sur l’âge de départ et la capitalisation.
Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, l’ancien patron des Républicains réaffirme son soutien à Marine Le Pen pour l’élection présidentielle de 2027. Il promet de participer « loyalement et fortement » à sa campagne, tout en reconnaissant que les retraites constituent l’un des principaux points de friction entre l’UDR et le RN.
Deux ans après son rapprochement avec le parti lepéniste, Éric Ciotti estime que les deux formations restent largement compatibles. Il reconnaît toutefois que certaines divergences demeurent et cite en premier lieu la réforme des retraites.
Une ligne toujours favorable au recul de l’âge de départ
Sur le fond, Éric Ciotti n’a pas changé de position. Il défend l’idée d’un allongement de la durée de la vie professionnelle et reste favorable au principe d’un âge légal de départ plus élevé. Lorsqu’il dirigeait Les Républicains, il avait notamment soutenu le passage de l’âge légal à 64 ans.
L’élu souhaite également modifier le financement du système en introduisant une composante de capitalisation aux côtés du régime actuel, fondé principalement sur la répartition.
Une orientation qui ne correspond pas totalement à celle défendue par Marine Le Pen. La candidate du RN s’était prononcée pour un retour de l’âge légal à 62 ans et envisageait même un départ à 60 ans pour certaines personnes ayant commencé à travailler très jeunes. Sur la capitalisation, elle s’était montrée ouverte à un dispositif volontaire, sans en faire le cœur de son projet.
Jordan Bardella avait, de son côté, adopté sur certains aspects une approche davantage compatible avec celle défendue par Éric Ciotti. Mais c’est finalement Marine Le Pen qui portera une nouvelle fois les couleurs du RN à la présidentielle.
L’UDR veut peser sur le projet présidentiel
Pour Éric Ciotti, ces différences ne doivent pas empêcher le rapprochement des deux camps. Le responsable de l’UDR assure avoir déjà abordé à plusieurs reprises la question avec ses alliés et veut croire que le RN pourrait modifier sa position.
Selon lui, le sujet fait actuellement l’objet d’une réflexion au sein du parti et pourrait donner lieu à une évolution de sa doctrine. L’objectif de Ciotti est donc moins de remettre en cause l’alliance que d’influencer le contenu du futur programme présidentiel.
Cette stratégie s’inscrit dans une volonté plus large de faire de l’UDR un partenaire incontournable de la droite et de l’extrême droite pour 2027.
Un soutien sans ambiguïté à Marine Le Pen
Malgré ces désaccords, Éric Ciotti ne laisse planer aucun doute sur son choix pour la prochaine présidentielle. Il estime que Marine Le Pen devra présenter un projet capable à la fois de rassembler son camp et de rompre avec ce qu’il considère comme les orientations actuelles du pays.
Le dirigeant de l’UDR entend donc jouer sur deux tableaux : défendre ses propres convictions économiques et sociales tout en contribuant à la victoire de la candidate du RN.
Reste à savoir jusqu’où Marine Le Pen sera prête à faire évoluer sa position sur les retraites. Pour Éric Ciotti, ce dossier pourrait devenir l’un des principaux tests de la capacité des différentes composantes de son camp à construire un programme commun avant 2027.