Le chef de l’État s’est exprimé jeudi soir pendant plus de quarante minutes sur TF1 et France 2. Hausse des prix à la pompe, risque russe, engagement militaire français au Moyen-Orient et avenir politique de la France figuraient parmi les principaux thèmes abordés.
C’était une prise de parole très attendue. Sept mois avant la fin de son second mandat, Emmanuel Macron a répondu jeudi soir aux questions de Gilles Bouleau et Caroline Roux, dans un entretien commun diffusé sur TF1 et France 2. Le président de la République a notamment tenté de répondre aux inquiétudes liées à la flambée des prix de l’énergie, tout en revenant longuement sur la dégradation du contexte international.
Le prix des carburants au cœur des préoccupations
La hausse des tarifs à la pompe a occupé une place importante dans l’entretien. Emmanuel Macron a assuré que l’objectif prioritaire du gouvernement était de faire redescendre les prix, en privilégiant dans un premier temps l’action sur les approvisionnements et le contexte géopolitique.
Le chef de l’État n’a toutefois pas totalement fermé la porte à une baisse de la fiscalité sur les carburants. Une telle mesure ne serait envisagée qu’en fonction de l’évolution de la situation, alors que l’exécutif cherche parallèlement à éviter les pénuries.
Emmanuel Macron s’est également inquiété de l’hypothèse d’une restriction des exportations américaines de gazole. Il souhaite notamment une réponse coordonnée entre les grandes économies, avec la possibilité de mobiliser les stocks stratégiques afin d’augmenter temporairement les volumes disponibles sur le marché.
Des militaires français en Arabie saoudite
Autre annonce majeure de la soirée : la France va déployer des moyens militaires pour contribuer à la protection du site énergétique de Yanbou, sur la façade de la mer Rouge en Arabie saoudite.
Le dispositif doit notamment comprendre des soldats, des radars et des systèmes de défense. Emmanuel Macron a insisté sur la finalité défensive de cette opération et affirmé que la France n’avait pas vocation à entrer directement dans le conflit régional.
Cette décision s’inscrit dans les efforts français visant à sécuriser les voies d’acheminement des hydrocarbures et à limiter les conséquences de la crise au Moyen-Orient sur les marchés de l’énergie. Le président continue par ailleurs de privilégier la voie diplomatique pour obtenir la réouverture du détroit d’Ormuz.
La Russie, autre sujet d’inquiétude
Emmanuel Macron a également consacré une partie importante de son intervention à la situation en Europe. Selon lui, la Russie multiplie les actions hostiles à l’encontre des pays européens et le risque d’une attaque visant directement un pays comme la France ne peut être écarté.
Le président a notamment évoqué les récents événements liés à des drones à l’aéroport de Leipzig, en Allemagne, et la possibilité que des opérations de ce type puissent un jour toucher le territoire français. Il a toutefois démenti avoir été personnellement averti par la CIA d’un projet d’attaque russe visant le sud de la France.
Pas de nouvelle dissolution
Sur le terrain politique intérieur, Emmanuel Macron a exclu une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale pendant son mandat.
Le président assume toujours sa décision de juin 2024, qui avait conduit à des élections législatives anticipées. Mais, dans le contexte actuel, il considère qu’un nouveau scrutin provoquerait davantage d’incertitude alors que le pays doit déjà faire face aux tensions internationales, aux difficultés économiques et à la préparation du budget.
Il estime également qu’une nouvelle dissolution réduirait les marges de manœuvre du prochain président de la République, qui pourrait lui-même utiliser cette prérogative après son élection.
Macron veut rester à distance de la présidentielle
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le chef de l’État a également été interrogé sur la campagne qui se prépare. Emmanuel Macron a rappelé que la Constitution ne lui permettait pas de briguer un troisième mandat.
Il affirme vouloir concentrer son action sur l’exercice de ses responsabilités jusqu’à la fin de son mandat plutôt que de s’impliquer dans la compétition électorale. Il a néanmoins appelé les futurs candidats à tenir compte des contraintes économiques, financières et géopolitiques auxquelles la France est confrontée.
Le « quoi qu’il en coûte » toujours assumé
Interrogé sur la politique menée depuis son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron a par ailleurs défendu les choix effectués pendant la crise sanitaire. Il affirme ne pas regretter le recours au « quoi qu’il en coûte » destiné à protéger l’économie et les Français pendant la pandémie.
Son principal regret concerne davantage le rythme des réformes engagées au cours de ses deux mandats. Il estime notamment que certaines transformations, dont celle des retraites, auraient dû être menées plus rapidement.
À quelques mois de son départ de l’Élysée, le chef de l’État tente ainsi de maintenir son action sur plusieurs fronts : répondre à la crise énergétique, renforcer la sécurité face aux tensions internationales et assurer la continuité de l’État dans une période politique particulièrement incertaine.